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Où es-tu ?


Diseuse d'Orphée, je vous partage mon amour de la poésie tous les vendredris. "Où es-tu ?" est extrait de Traces sensibles - disponible aux éditions Kaligraf


j’ai passé la main à travers La diligence du vent pour y chercher la coulée chaude et invisible du cœur


la lune a souplement décroché son turban blanc


je reste à contempler l’ombre très noire et très grinçante de la porte entrebâillée


le jour s’évide et gît d’inexprimables intentions le fil de l’aspirateur coince et rien ne se déroule qui ne puisse être aspiré par la force même de l’empathique visage du matin qui n’en n’a pas


des odeurs de compost aux couleurs de barbapapa dégagent des éclats de formica sur la nappe plastifiée – la fourchette entame un court trajet la mouche cherche des eurêka en collant au mystère absolu de l’ici et donne à l’offrande une écriture opaque –


rire au détachement des choses qui s’empilent en frêle matérialité où résonne la mienne –


le cœur déraille avec délices il suit des jeux de piste de paille et d’herbe et s’éparpille aux alentours il devient nue nuée d’amour même quand tu n’y es pas il continue sa course de gouttelettes sur la vitre obstinément fermée –


l’aube est une vraie boucherie de vélos sans guidon – le silence règne en avatar –


ôter les bâillons et les œillères au mince filet glouton du lavabo qui accueille indistinctement les assiettes et les verres de crasse dévêtus –


l’épicerie du cœur reste ouverte toute la nuit tout le jour et distribue des cacahouètes blondes à décortiquer comme un corps qui n’a d’autre mécanique que son écorce d’alouette à raconter –


la mort te plumera te fera une couette à trous où es-tu où tu n’es déjà et pourtant la main du cadavre coud des mots et des gaines aux épaules d’éléments – et tu vas dans le vent plonger ta main et chercher la coulée chaude et invincible du cœur d’un autre qui te rendrait le tien –


en rien je ne veux croiser le fer en rien je ne veux te souffler délétère en rien je ne tignasse l’absence même si ça reste difficile à croire –


sur le pont du levant prendre une grande goulée d’air et bouger autrement – sur le toit sombre abonde l’azur juste comme ça pour rien d’autre que de ne rien savoir que de ne rien vouloir – que le monde y soit ou pas –

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