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Hybrides



Vendredi poétique avec Hybrides, extrait de Traces sensibles (Kaligraf Éd., 2018).


aujourd’hui tout peut apparaître sur un écran voyez vous même : des nains voisinent avec des bouddhas au magasin ils se donnent la main dans la course à l’être et au néant de drôles d’encens se mêlent à d’insipides ritournelles 100% nain de jardin et 100% bouddha de salon en promotion – quelques trésors ou pas à emporter dans la diligence du temps qui passe et se rit même de ce qui ne se rit pas – sommes nous entrés dans l’ère post quelque chose ?


ce matin comme tous les matins l’astre nautique d’une souris dans sa robe de papier numérique longe la Monument Valley de l’écran affiché sigles des far west modernes où le cow-boy twist et tapote son colt digital et torride – tes mains on dirait les ballerines de charlot jouant sur la table du clavier –

le saloon est désert les poupées russes en profitent pour se faire quelques clients amovibles avec un mot de passe d’occase et à l’œil – garde un œil sur ta fenêtre et nettoie tes messages qui s’accumulent ohlala la montagne d’informations ne laisse plus rien entrer ni s’afficher – et si un pirate passait par là accepterait-il une rasade de Don papa ?


ohlala jeter des mots des phrases au panier alors à quoi ça sert d’avoir pris le temps de les écrire d’ailleurs faut-il y répondre quel est le code ? des accès oui mais pas d’axe ma syntaxe s’impatiente j’envoie ou pas ? on dirait que ce sont des petites bombes constamment à désamorcer heureusement parfois le réseau suit Paulette dans ses gazouillis de causette et c’est blette – ferme la porte mon ermite n’a pas envie de voir ses cendres s’envoler par le trou de la prise –


malaise des hybrides 100% autiste et 100% communiquant correspondant coïncidant co-entêtant co-inspirant alors mon coco une petite rasade de Don papa va te remettre les pixels en place et nettoyer la gaine de ton fusil rétro et moribond –


viens voir si la limace a changé de salade depuis que le ciel a lâché ses seaux sur nos têtes de gaulois plus râleurs tu meurs – viens voir si la cité fantôme des fourmis ne serait pas en train de squatter les rosiers et d’envoyer des sms à toutes les colonies du coin – allons voir si Ronsard ne tournerait pas dans les environs au volant de sa DS accompagné de sa mignonne à qui il espère depuis un bout montrer de visu et de manu l’impermanence flotter au bord de ce délicieux parfum de fleur éclose tel qu’elle y verrait un sacré clin d’œil plus que virtuel pour sa propre décadence à venir et serait peut-être un peu moins bêcheuse à l’occasion – alors qu’est-ce que tu en penses ça te tente ? tu mets tes bottes de sept lieues ?


tu verras on va s’amuser dans le jardin il y a des nains et des bouddhas qui nous attendent pour refaire le monde –

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