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Le projet-sens


Avant sa conception, l'enfant existe déjà dans la psyché de ses parents, ce que l'on appelle l'enfant imaginaire, idéalisé. Il est porteur des attentes, des souhaits, des espoirs, des croyances projetés sur ce que l'enfant sera. Par exemple, il ou elle aura mes yeux, j'espère qu'elle fera les mêmes études que moi ou celles que je n'ai pas pu faire, il ou elle sera doué.e pour la musique, j'espère qu'il ou elle m'aimera à la différence des autres, etc.


En psychogénéalogie, le projet-sens commence un an avant la naissance et se poursuit trois ans après. Il est constitué de l'ensemble des émotions et des épreuves, des traumatismes traversés jusqu'à trois ans ainsi que des intentions, des fantasmes de nos parents avant notre conception.

S'intéresser au projet-sens c'est s'intéresser au rôle dont on a été chargé consciemment et/ou inconsciemment dès notre conception. Certains enfants sont conçus pour pouvoir quitter le cocon familial, d'autres pour réparer un couple, d'autres pour remplacer un enfant mort avant. Ce sont les enfants pansements. Leur mission est de vivre la vie rêvée de leurs parents. Un deuil non fait, ou la souffrance de la mère peut aussi donner la mission inconsciente à l'enfant de consoler sa mère. C'est un programme inconscient qui peut se jouer toute une vie.

Avoir été désiré.e ou non joue un rôle dans l'accueil qui nous a été réservé. Même si du point de vue transgénérationnel, un enfant est toujours désiré par le système. Mais nos parents ou l'un des deux ne souhaitait peut-être pas notre venue, ou une défaillance de la contraception a pu en être l'origine. Soit nous avons été quand même un cadeau du ciel à notre arrivée, soit nous ne nous sentons pas à notre place. Et ce programme puissamment engrammé jouera tout au long de notre vie et dans nos relations. L'enfant qui ne s'est pas senti accueilli fera preuve d'hyper-adaptation et aura du mal à savoir qui il est. De même il ne se sentira pas légitime.


Il est possible aussi que l'on ait souhaité un garçon, par exemple, parce que la mère a eu une relation difficile avec sa propre mère et ne souhaite pas une fille ou pour un homme qui veut transmettre son nom et son patrimoine. Il y a ainsi des déceptions inconscientes qui impactent la construction de l'identité de l'enfant. Le regard parental forge notre identité. Bien des dimensions nous influencent : le moment de la conception, l'état émotionnel à ce moment là de nos parents, le couple qu'ils étaient, le contexte socio-économique, les relations que nos parents eux-mêmes entretenaient avec leurs propres parents, et ceux-ci avant encore, au moins sur trois générations, le déroulement de la grossesse et les événements qui ont eu lieu à cette période.

On sait que,pendant la grossesse, les émotions de la mère sont partagés avec le fœtus. Le contexte de la conception a pu être source d'anxiété selon les événements qui ont affecté la mère. Par exemple, les deuils vécus pendant la grossesse, ou d'autres événements douloureux ont pu provoquer un retrait affectif de la mère, ou au contraire l'enfant a pu être investi de remplacer la personne disparue. Pendant la grossesse, la mère est fragile psychologiquement. Elle se reconnecte à l'enfant qu'elle a été mais aussi aux relations qu'elle avait à ses parents, à sa mère, et avant elle, sa mère à sa propre mère, etc.


L'attachement entre la mère et l'enfant est relié à l'histoire des relations des mères avant notre propre mère, sur plusieurs générations. Nous sommes élevés dans la mémoire des relations que nos parents ont eu avec leurs propres parents. Et encore avant eux. Il y a un lien entre ce que nous donnons à nos enfants et ce que nous avons reçu. Nous sommes porteurs, chacun d'entre nous, de cicatrices pas vraiment ou mal cicatrisées.

Découvrir son projet-sens c'est s'intéresser au programme qu'on reçoit à la naissance, comment notre identité s'est construite sur des traces émotionnelles d'arrière-plan et a déterminé nos relations aux autres. Et comment cela influence notre vie aujourd'hui. Pour découvrir son projet-sens, il est bien de faire son génosociogramme, de poser des questions aux personnes de nos lignées qui peuvent encore être interrogées, mettre en relation les dates, questionner le sens des prénoms, etc. C'est une véritable enquête en profondeur, très revitalisante et riche d'informations. Particulièrement si nous mettons cela en relation avec notre vie actuelle. C'est en général ce qui amène à faire ce genre de recherches. Nous nous questionnons et voyons que nous ne pouvons, dès notre conception même, échapper à nos ancêtres, par le biais des inconscients. Nous pouvons à partir de ces connaissances nous reprogrammer. Il y a différentes faons de procéder pour cela.


Pour ne pas vous laisser juste sur la réflexion, je vous propose cette petite expérience qui vous reliera à ce qui a été dit : vous pouvez vous demander, en essayant de mettre par écrit ce que vous connaissez de votre histoire, à travers ce qui a été mentionné précédemment, la vôtre, celle de vos parents et au-delà, qu'est-ce qui fait sens par rapport à ma vie actuelle?


Dans ce parcours, il est bien d'être accompagné.e. Tout ne se dévoile pas, toujours à la première lecture, et même si nous avons déjà fait un certain travail, nous pouvons encore et encore revenir à faire ces liens dont le sens demande de la persévérance et de la patience. Le "je" que vous êtes en vaut la chandelle. Car connaître les fondations de son histoire, c'est pouvoir à nouveau se re-construire dans des dynamiques de changement souhaité.

Pour aller plus loin : deux sessions de psychogénéalogie :



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